Analyse d'eau potable : types A et B

14 min de lecture Mis à jour le 08/10/2026 4,262 vues Télécharger en PDF

Les analyses d'eau potable : types A, B et Badd (arrêté du 11 janvier 2007, en vigueur depuis le 1er janvier 2026), correspondance avec les anciennes D1, D2, P1, P2, limites et références de qualité, procédure de prélèvement et délais.

Qu'est-ce qu'une analyse d'eau potable ?

L'analyse d'eau potable permet de vérifier que l'eau distribuée dans votre établissement respecte les limites et références de qualité fixées par le Code de la Santé Publique (articles R.1321-1 à R.1321-66), l'arrêté du 11 janvier 2007 modifié et la directive européenne 2020/2184.

Les résultats sont réalisés par notre laboratoire accrédité COFRAC Essais n° 1-5057 (portée disponible sur www.cofrac.fr) selon la norme ISO 17025, garantissant leur valeur réglementaire auprès de l'ARS.

Type A, Type B, Badd, et les anciennes appellations D1, D2, P1, P2

Depuis le 1er janvier 2026, l'annexe I de l'arrêté du 11 janvier 2007 (programme de prélèvements et d'analyses du contrôle sanitaire, modifiée par l'arrêté du 30 décembre 2022) définit les analyses de l'eau fournie par un réseau de distribution par leur type : RP, RS, RSadd, A, B ou Badd. Les anciennes appellations D1, D2, P1 et P2 n'existent plus dans le texte en vigueur ; on les retrouve encore dans d'anciens rapports, des cahiers des charges ou des courriers de l'ARS.

TypeCe que dit l'arrêté
Type AProgramme d'analyses de routine, effectué au point de mise en distribution ou aux robinets normalement utilisés pour la consommation humaine
Type BProgramme d'analyses complémentaire par rapport au type A : A + B donne le programme d'analyses complet, effectué aux mêmes points
BaddComplément réservé aux unités de distribution dont le débit distribué est supérieur ou égal à 1 000 m³ par jour en moyenne

Et les anciennes D1, D2, P1, P2 ? Avant 2026, D1 et D2 désignaient la routine et le complément aux robinets, P1 et P2 la routine et le complément au point de mise en distribution. Le type A d'aujourd'hui n'est pas un simple renommage de la D1 : il reprend aussi des paramètres de l'ancienne P1 (chlorures, sulfates, nitrates, nitrites, dureté, titre alcalimétrique complet) et s'applique aux robinets comme au point de mise en distribution. Si l'on vous demande une « D1 », une « D2 », une « P1 » ou une « P2 », transmettez-nous la demande telle quelle : nous vous indiquons l'analyse correspondante.

« Type A, c'est bien l'eau potable ? » Oui : dans nos devis et nos rapports, Type A et Type B désignent des analyses d'eau destinée à la consommation humaine (eau froide du robinet, fontaines, eau de forage utilisée pour la boisson ou la cuisine). Elles ne concernent ni les légionelles dans l'eau chaude, ni les piscines.

La liste exacte des paramètres analysés figure toujours sur votre devis : c'est elle qui fait foi.

Les types d'analyses chez Aquatycia

Analyse Type A (contrôle de routine)

Le type A de l'arrêté comprend notamment les paramètres suivants :

  • Microbiologie : Escherichia coli, entérocoques intestinaux, bactéries coliformes, numération des germes aérobies revivifiables à 22 °C et à 36 °C, et, selon l'origine de l'eau, spores de micro-organismes anaérobies sulfito-réducteurs
  • Chimie : ammonium, chlorures, sulfates, nitrates, nitrites, conductivité, pH, dureté (ou titre hydrotimétrique), titre alcalimétrique complet, turbidité, température
  • Désinfection : chlore libre et total (ou tout autre paramètre représentatif du traitement de désinfection)
  • Aspect, couleur, saveur
  • Selon la situation de l'installation : aluminium ou fer (agents de floculation, eaux déferrisées), manganèse (démanganisation), carbone organique total ou oxydabilité, trihalométhanes (si chlore supérieur à 0,5 mg/L)

Notre produit « Analyse TYPE A Potabilité COFRAC » (modèle TYPE_A1) compte 27 lignes d'analyse : ammonium, aspect, chlore libre et chlore total in situ, chlorures, coliformes totaux, conductivité à 25 °C, entérocoques, Escherichia coli, germes revivifiables à 22 °C et à 36 °C, aluminium, calcium, fer, magnésium et manganèse (ICP-MS), nitrates, nitrites, NOx, odeur, pH, spores anaérobies sulfito-réducteurs, sulfates, TA, TAC, TH (calcul) et turbidité.

Des variantes existent selon votre besoin : TYPE_A1C (35 lignes : ajoute carbone organique total, trihalométhanes, couleur et saveur), des variantes avec recherche de Pseudomonas aeruginosa ou de staphylocoques pathogènes, et une analyse « plomb, cuivre, nickel » prélevée au 1er jet.

Délai indicatif : résultats sous 5 jours ouvrés.

Usage : surveillance de routine, vérification que le réseau de distribution fonctionne correctement.

Analyse Type B (contrôle complet)

Le type B complète le type A pour obtenir le programme complet (A + B). Il apporte notamment :

CatégorieExemples de paramètres
MétauxArsenic, cadmium, chrome, cuivre, mercure, nickel, plomb, antimoine, sélénium…
PesticidesPesticides par substance et total pesticides
MicropolluantsHydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), PFAS
Sous-produits de désinfectionBromates, chlorates, chlorites
AutresÉquilibre calcocarbonique, paramètres radiologiques

Notre modèle TYPE_B compte aujourd'hui 83 lignes d'analyse (dont métaux, HAP et PFAS). La liste exacte figure sur votre devis.

Délai indicatif : résultats sous 7 à 10 jours ouvrés (certains paramètres nécessitent des techniques spécialisées).

Certains paramètres spécialisés de l'analyse complète peuvent être confiés à un laboratoire partenaire ; ils sont alors clairement identifiés sur le rapport et leur délai dépend de ce laboratoire.

Usage : contrôle complet périodique, mise en service d'une installation, enquête après non-conformité.

Limites et références de qualité

L'annexe I de l'arrêté du 11 janvier 2007 relatif aux limites et références de qualité distingue deux notions. Une limite de qualité concerne un paramètre susceptible de présenter un danger potentiel pour la santé. Une référence de qualité est établie à des fins de suivi des installations et d'évaluation des risques. Les valeurs ci-dessous sont celles du texte en vigueur (arrêté du 30 décembre 2022, en vigueur depuis le 1er janvier 2023).

Limites de qualité (extraits)

ParamètreLimite de qualitéType d'analyse
Escherichia coli (E. coli)0/100 mLA
Entérocoques intestinaux0/100 mLA
Nitrates50 mg/L (la somme nitrates/50 + nitrites/3 doit rester inférieure ou égale à 1)A
Nitrites0,50 mg/L (0,10 mg/L en sortie des installations de traitement)A
Plomb5 µg/L ; la limite de qualité est fixée à 10 µg/L jusqu'au 31 décembre 2035. La limite de qualité au robinet du consommateur reste fixée à 10 µg/L bien qu'une valeur inférieure à 5 µg/L doit être visée d'ici au 1er janvier 2036B
Arsenic10 µg/LB
Cuivre2,0 mg/LB
Nickel20 µg/LB
Pesticides (par substance individuelle)0,10 µg/LB
Total pesticides0,50 µg/LB
Somme des substances alkylées per et polyfluorées (PFAS, liste de 20 substances fixée par l'arrêté)0,10 µg/LB
Turbidité1,0 NFU, applicable au point de mise en distribution (pour certaines eaux : voir l'arrêté)A

Références de qualité (extraits)

ParamètreRéférence de qualitéType d'analyse
Bactéries coliformes0/100 mLA
Germes aérobies revivifiables à 22 °C et à 36 °CLe résultat ne doit pas varier au-delà d'un facteur 10 par rapport à la valeur habituelleA
pH≥ 6,5 et ≤ 9 unités pH (les eaux ne doivent pas être agressives)A
Turbidité0,50 NFU au point de mise en distribution ; 2 NFU aux robinets normalement utilisés pour la consommation humaineA
Ammonium0,10 mg/LA
Chlorures et sulfates250 mg/L chacunA
Conductivité≥ 180 et ≤ 1 000 µS/cm à 20 °C, ou ≥ 200 et ≤ 1 100 µS/cm à 25 °CA

Un dépassement de limite n'a donc pas la même portée qu'un écart à une référence ; la conduite à tenir est définie par le Code de la santé publique et décidée avec l'ARS.

Fréquences de contrôle

Pour le contrôle sanitaire, le programme d'analyses (types et fréquences) est fixé par l'arrêté du 11 janvier 2007 en fonction du débit distribué (annexe II) et les lieux de prélèvement sont déterminés par le directeur général de l'ARS. C'est donc l'ARS, ou votre cahier des charges, qui précise le programme applicable à votre installation ; nous réalisons les prélèvements et analyses demandés. Avant la mise en service d'une installation, l'annexe I de l'arrêté prévoit une analyse de type A pour les installations distribuant moins de 100 m³ par jour (et tout paramètre pertinent selon le directeur général de l'ARS), et de type A + B au-delà de 100 m³ par jour.

Quel type choisir ?

SituationAnalyse à envisager
Surveillance de routine du réseauType A
Contrôle completType B (en complément du type A)
Mise en service d'une installationType A (moins de 100 m³/jour) ou A + B (plus de 100 m³/jour), selon l'annexe I de l'arrêté
Demande de l'ARS, cahier des charges, auditLe type demandé par le document : transmettez-le-nous
Doute sur le choixContactez-nous : nous vous orientons vers l'analyse adaptée

Procédure de prélèvement eau potable (EFS / EDCH)

Le prélèvement d'eau potable suit un protocole strict conforme aux normes NF EN ISO 19458, NF EN ISO 5667 et FD T 90-520. Voici les étapes telles que réalisées par nos techniciens préleveurs sous accréditation COFRAC* (réf. PRE-MOP-001).

Choix du point de prélèvement

Le point de prélèvement doit être un point de consommation habituel d'eau froide (article R.1321-5 du Code de la Santé Publique) :

  • Particulier : le robinet de cuisine
  • Restaurant, hôtel, bar : le robinet servant à remplir les carafes
  • Établissement sportif, piscine : le robinet des sanitaires
  • Hôpital, foyer : le robinet servant à remplir les carafes
  • Crèche, école : le robinet servant à remplir les carafes ou le robinet des sanitaires

Important : le point choisi doit être représentatif de la qualité de l'eau consommée. Vérifiez qu'il ne fait pas l'objet d'un traitement individuel (adoucisseur, filtre). Si c'est le cas, ne pas prélever à ce point sauf indication contraire de l'autorité sanitaire : changer de point et le noter sur la fiche de prélèvement.

Deux modes de contrôle

La procédure distingue deux modes, à définir avec le client : le contrôle sanitaire du point d'usage (décrit ci-dessous) et le contrôle « telles que consommées » (fontaines, buvettes, contrôle d'exposition), sans nettoyage, démontage, pré-purge ni désinfection, avec deux prélèvements de microbiologie (1er jet et 2nd jet).

Ordre des prélèvements pour le contrôle sanitaire

Pour le contrôle sanitaire, la chimie du 2nd jet est prélevée avant la désinfection du robinet et la microbiologie : la procédure demande de toujours effectuer la désinfection du point et les prélèvements de microbiologie après le prélèvement de physico-chimie 2nd jet. Seul le mode « telles que consommées » (fontaines, buvettes) commence par la microbiologie.

Étape 1 : Démontage et nettoyage

  • Retirer les mousseurs, joints, brise-jets, bouchons de vannes
  • Nettoyer le robinet ou la vanne pour retirer les salissures non adhérentes (chiffon propre et sec à usage unique, avec l'eau du point, sauf pour le 1er jet)
  • En cas d'impossibilité de démontage (mousseur intégré, robinet coincé), le noter sur la fiche de prélèvement

Attention : certains robinets à poussoir, à cellule photo-électrique, mitigeurs ou à pédale posent des difficultés techniques. Le technicien le note sur la fiche de prélèvement ou dans l'application.

Étape 2 : Prélèvement 1er jet (cuivre, nickel, plomb)

  • Effectuer immédiatement après le démontage, sans purge
  • Prélever 1 litre dans un flacon bleu pour le cuivre, le nickel et le plomb, ou selon la demande précisée sur la commande
  • Ce 1er jet reflète la qualité de l'eau restée au contact des canalisations

Note : le fer et l'aluminium, comme le reste de la physico-chimie, sont toujours prélevés au 2nd jet, sauf précision contraire de la commande.

Étape 3 : Pré-purge et prise de température

  • Préparer le thermomètre et son flacon de débordement
  • Faire couler l'eau à grand débit pendant quelques secondes pour rincer la tuyauterie
  • Puis à débit normal jusqu'à stabilisation de la température, et relever la température sans couper l'eau ni modifier le débit

Étape 4 : Prélèvement chimie 2nd jet et mesures sur site

  • Remplir autant de flacons bleus que nécessaire pour les analyses de la commande, à ras bord sans air
  • Effectuer ensuite les mesures sur site (in situ) demandées : chlore libre et total, et les autres mesures de la commande
  • Pour les analyses Type B : flacons supplémentaires selon les paramètres demandés (pesticides, HAP, PFAS…)

Ces résultats sont notés immédiatement sur la fiche d'intervention ou l'application de terrain.

Étape 5 : Désinfection et purge

Cette étape est nécessaire (sauf exception) pour les prélèvements de microbiologie. Elle vise à contrôler la qualité microbiologique de l'eau et non l'hygiène du point de prélèvement.

  • Désinfecter l'ensemble du robinet (pas seulement l'orifice) par :
    • Flambage à la flamme (moyen recommandé, sauf risque pour la sécurité ou la robinetterie)
    • Lingettes désinfectantes (laisser agir au moins 30 secondes, chronométrées) pour les robinets qui ne supportent pas la flamme : cellules photo-électriques, col de cygne en plastique, environnement dangereux
  • Ouvrir le robinet à débit normal et laisser couler l'eau minimum 30 secondes pour refroidir (en cas de flambage) ou éliminer les traces de désinfectant
  • Noter le mode de désinfection sur la fiche de prélèvement

Règle critique : quel que soit le mode de désinfection, l'ensemble du robinet ou de la vanne doit être désinfecté, pas seulement l'orifice de sortie.

Étape 6 : Prélèvement microbiologie 2nd jet

  • Ne pas couper l'eau ni modifier le débit
  • Remplir le(s) flacon(s) stérile(s) à bouchon rouge (avec thiosulfate de sodium pour neutraliser le chlore résiduel) jusqu'à la base du col
  • Volume d'air : environ 1/10 du volume du flacon, sans faire déborder
  • Ne pas toucher le col ni l'intérieur du bouchon, et ne pas poser le bouchon : le garder dans la main, intérieur tourné vers le bas
  • L'usage d'un cône stérile de chaleur est fortement recommandé

Étape 7 : Conditionnement et transport

  • Tous les flacons sont placés en glacière isotherme avec accumulateurs de froid, pour maintenir 5 °C ± 3 °C
  • Pour la microbiologie (E. coli, coliformes, entérocoques et germes revivifiables), la mise en analyse doit intervenir dans les 18 heures après le prélèvement, transport compris : acheminez les échantillons au laboratoire sans attendre (PRE-MOP-005, LAB GTA 23 § 7.6)
  • Identifier tous les flacons dès le prélèvement

Flaconnage utilisé pour l'eau potable

FlaconUsageÉtape
Flacon bleu 1 litreCuivre, nickel, plomb (ou selon la commande)1er jet
Flacon bleuPhysico-chimie (nitrates, pH, conductivité…)2nd jet, avant la désinfection
Flacon stérile 500 mL, bouchon rouge (thiosulfate)Microbiologie (E. coli, entérocoques, coliformes)2nd jet, après la désinfection

Résumé visuel des étapes

N°ÉtapeAction
1Démontage et nettoyageRetirer mousseurs, brise-jets, nettoyer
21er jet1 L flacon bleu (cuivre, nickel, plomb) immédiatement, sans purge
3Pré-purge et températureGrand débit puis débit normal jusqu'à stabilisation, sans couper l'eau
4Chimie 2nd jet et mesures sur siteFlacons bleus à ras bord sans air, puis mesures sur site
5Désinfection et purgeFlambage ou lingette, tout le robinet, purge 30 s minimum
6Microbiologie 2nd jetFlacon stérile rouge, jusqu'au col, sans toucher
7TransportGlacière 5 °C ± 3 °C, mise en analyse de la microbiologie sous 18 h

Source : Procédure PRE-MOP-001 « Prélèvement Eau » (version en vigueur v50.0) et PRE-MOP-005 - Aquatycia, selon NF EN ISO 19458 / NF EN ISO 5667 / FD T 90-520.

Consultez également notre guide détaillé Comment se déroule un prélèvement pour les protocoles légionelles, piscine et TAR.

Évolutions réglementaires 2023-2026

  • Vocabulaire des analyses : depuis le 1er janvier 2026, les types RP, RS, RSadd, A, B et Badd remplacent D1, D2, P1 et P2 (arrêté du 30 décembre 2022 modifiant l'arrêté du 11 janvier 2007)
  • PFAS : limite de qualité de 0,10 µg/L pour la somme des substances alkylées per et polyfluorées de la liste de l'arrêté
  • Plomb : limite de 5 µg/L, fixée à 10 µg/L jusqu'au 31 décembre 2035 ; au robinet du consommateur, la limite reste fixée à 10 µg/L, une valeur inférieure à 5 µg/L devant être visée d'ici au 1er janvier 2036
  • Bisphénol A : limite de qualité de 2,5 µg/L
  • Chrome VI : limite de qualité de 6 µg/L (analyse du chrome VI en cas de chrome supérieur à 6 µg/L)

Sanctions en cas de non-conformité

  • Pénales : jusqu'à 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende
  • Administratives (ARS) : mise en demeure, restrictions d'usage, fermeture d'établissement
  • Civiles : responsabilité du gestionnaire en cas de préjudice sanitaire

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